Dans l'enfer de l'Opus Dei

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Dans l'enfer de l'Opus Dei

Message par karen le Lun 9 Jan 2012 - 19:35



Dans l'enfer de l'Opus Dei
Véronique Duborgel

J'ai Lu

10 Novembre 2010
Livre de poche/153 pages/4,80 euros

Présentation de l'éditeur:

Depuis sa création en 1928, l'Opus Dei fascine autant qu'il inquiète. Pendant treize ans, Véronique Duborgel, recrutée à l'âge de vingt ans, en a subi la loi rigoureuse sous la pression de son mari et de son entourage : endoctrinement, remontrances, " corrections fraternelles " de la part d'une hiérarchie qui refuse d'entendre sa souffrance de femme battue. C'est lorsqu'elle se décide à rompre que l'organisation se retourne contre elle... À travers son témoignage accablant, nous pénétrons le monde opaque de l'Opus Dei, organisation catholique la plus secrète et la plus controversée. Un monde où l'obéissance et le châtiment tiennent lieu de dogme.

Avis de Karen:

L’Opus Dei a été fondé en 1928 par un prêtre espagnol, Josemaria Escriva de Balaguer, canonisé par le pape Jean Paul II en 2002 (peu de temps après sa béatification). En 2002, l'Opus Dei compterait 87 000 membres dans 90 pays différents. De nombreuses controverses ont secoué l’Opus Dei : son aspect secret, son prosélytisme, l’élitisme et l’affairisme dont il fait preuve dans le choix de ses membres, les liens supposés avec des gouvernements d’extrême-droite… De nombreuses voix dénoncent aussi son caractère sectaire.

Véronique Duborgel en a été membre pendant 13 ans et a choisi ici d’écrire pour dénoncer les pratiques de cette organisation. Elle raconte comment, à l’âge de 19 ans, elle a intégré l’Opus Dei à cause de son fiancé et comment elle a dès lors perdu sa dignité et son libre arbitre. Car cette organisation qui se veut catholique est en fait fondée selon l’auteure sur un système « totalitaire ». Tout y est : le culte de la personnalité autour du fondateur (à en oublier Jésus Christ) ; une société étroitement contrôlée par l’endoctrinement, les sanctions, la surveillance constante de ses membres par « les corrections fraternelles » ; des organisations de jeunesse ; la négation des femmes assimilées à « des chiens » et bonnes seulement à procréer et à s’occuper de la maison. Elle revient aussi sur la conspiration du secret qui entoure l’ordre, la mortification, le prosélytisme à outrance, la négation de son couple, les obligations vestimentaires et « morales », les délations quotidiennes, les violences, les « dons » obligatoires…

Plus qu’un témoignage, on assiste ici presque à une confession. Les souvenirs défilent au fur et à mesure qu’ils viennent à l’esprit de l’auteure, donnant parfois lieu à des confusions et des répétitions. Mais cela n’en reste pas moins un livre fort et émouvant qui a le mérite de montrer que, contre toute attente, ce genre de choses se produit encore aujourd’hui. Le but n’est en rien de dénoncer l’Église et la religion mais seulement les pratiques de l’Opus Dei : « Si je prends la plume aujourd’hui, c’est à la fois pour moi et pour les autres. Pour moi qui ai besoin de comprendre comment et pourquoi j’ai dilapidé ma jeunesse avec des gens qui n’étaient pas mon genre. Pour les autres qui sont déjà dans les filets de ce genre d’organisations ou qui risquent de s’y laisser prendre demain. Pour épauler ceux qui désirent en sortir mais qui redoutent de faire le pas. Mais je crois surtout que, si j’écris, c’est pour rendre hommage à tous ceux qui ont souffert et n’ont pas été écoutés, et pour rendre justice à toutes les femmes victimes de violences physiques, morales, psychologiques. […] Parce que je crois en la force du témoignage, ce livre est devenu un devoir. »


Pour information, voici le communiqué de presse de l'Opus Dei à la sortie du livre:

Un livre-témoignage de Véronique Duborgel est publié chez Albin Michel sous le titre Dans l’enfer de l’Opus Dei.

L’auteur a appartenu à l’Opus Dei durant treize ans, de 1983 à 1996, en tant que laïque mariée et mère de famille. Elle estime aujourd’hui s’être engagée sans l’avoir réellement voulu ; elle a vécu son engagement dans une tension et une insatisfaction croissantes, avant de décider de le rompre.

Dans l’enfer de l’Opus Dei, malgré son titre choc et la présentation quelque peu forcée de l’éditeur en quatrième de couverture, n’est pas un ouvrage à sensation. L’impression qui se dégage du livre est plutôt que le style de vie chrétienne proposé par l’Opus Dei a été vécu par l’auteur sur un mode oppressif. L’Opus Dei ne peut que prendre acte de cette expérience et exprimer à l’auteur ses profonds regrets si des maladresses ont effectivement été commises. Nous compatissons à la souffrance exprimée, par ce témoignage.

L’unique objectif de l’Opus Dei est d’aider les personnes qui le souhaitent à s’approcher de Dieu et à le fréquenter dans leur vie quotidienne. À cette fin, l’autonomie personnelle est une condition indispensable pour recevoir avec profit la formation proposée. La grande majorité des membres de l’Opus Dei ne se rend dans les centres de formation qu'une fois par semaine, s'ils le peuvent, passant l’essentiel de leur existence loin de ces centres. Chaque membre doit donc faire preuve d’initiative et de sens des responsabilités dans sa vie chrétienne.

L’accompagnement spirituel offert aux membres de l’Opus Dei est fondé sur la confiance, la compréhension mutuelle et le respect délicat de la liberté de chacun. C’est pourquoi il se limite à des conseils de vie chrétienne, et évite radicalement de se transformer en consultation thérapeutique, en médiation conjugale, en réseau professionnel, etc. Cet accompagnement spirituel peut aussi prendre la forme d'un conseil charitable, appelé souvent "correction fraternelle" dans l'Eglise (cf. l'Evangile de saint Matthieu, chap. 18, 15).

L’engagement dans l’Opus Dei constitue un idéal élevé et exigeant qui ne peut être bien vécu que dans une grande liberté intérieure. Une personne qui s’est engagée dans l’Opus Dei peut, sans en être responsable, se trouver privée de l’assise spirituelle et psychique qui lui permettrait de vivre cet idéal comme une source d’épanouissement personnel. Les formateurs de l’Opus Dei essaient d’être sensibles à ces situations, qui sont peut-être plus présentes aujourd’hui qu’en d’autres époques, et auxquels tous les formateurs catholiques sont confrontés, bien au-delà du seul Opus Dei.

Chaque année, des personnes qui se sont librement engagées choisissent de quitter l’Opus Dei, et le font sans ressentiment ni amertume, avec la même liberté qui avait présidé à leur engagement. La plupart entretiennent des relations cordiales avec leurs amis de l’Opus Dei.

Grâce à Dieu, des dizaines de milliers de femmes et d’hommes, heureuses de leur vocation chrétienne dans l’Opus Dei, peuvent témoigner que cette vocation est une dimension essentielle de leur bonheur et de leur joie de vivre.
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