Luxuria, Tome 1

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Luxuria, Tome 1

Message par Invité le Lun 15 Aoû 2011 - 17:43



Luxuria
Tome 1

de Frédérique de Keyser

Éditions La Bourdonnaye


Sortie le 21 mars 2013 (réédition)
Format ebook / 441 pages / 4,99 €
(format papier à venir)


Extrait disponible : ici

Présentation de l'éditeur :


Quand je pense que je m’étais juré de ne jamais fréquenter les démons !

Non contents de m’embaucher, sans trop me laisser le choix soit dit en passant, dans l’un des établissements où ils avaient l’habitude de côtoyer mes semblables (et pas pour discuter art ou littérature), les voila qui essayaient de me faire croire que le salut de l’humanité et l’équilibre de leur monde reposaient sur mes épaules. Pire, il paraîtrait que j’étais responsable de la menace qui pesait sur nous tous.

J’avais peut-être une part de responsabilité dans tout ceci, et n’étais pas mauvaise au point de refuser de réparer le mal que j’avais pu faire. Mais était-ce une raison pour me coller dans les pattes de ces démons dangereusement divins et diaboliquement beaux qui menaçaient de me mettre face à celle que j’étais réellement ?

Chroniques concernant le tome 1 de l'ancienne édition, la réédition réunissant les tomes 1 & 2


L'avis de Christy :


Slaine est une jeune femme vivant et travaillant dans un monde où les démons et les humains coexistent en toute connaissance de cause. Ces créatures sont d'une beauté affolante : quoi de plus évident lorsque l'on sait qu'ils peuvent lire dans l'esprit des humains et prendre l'apparence qui fait fantasmer ces derniers ? Mais leurs aptitudes ne s'arrêtent pas là...
Au début du roman, Slaine démissionne de son emploi, ne supportant plus les propos et l'attitude immorale de son patron. En effet, cet homme harcèle sexuellement son personnel et n'hésite pas à profiter de son statut pour cela. Mais la jeune femme refuse de se laisser faire et quitte son poste.
Peu après, elle « croise » des démons, précisément au moment où son patron tente une dernière fois de lui mettre le grappin dessus. D'un caractère bien trempé, Slaine riposte vertement.
Sio et Siatris sont témoins de la dispute et interviennent. C'est ainsi que Slaine se retrouve barmaid du Luxuria, un club au nom très justement évocateur dont les deux démons sont propriétaires. Mais Slaine n'est pas au bout de ses découvertes... car quelques années plus tôt, elle a participé à une séance de spiritisme dont elle n'est pas sortie totalement indemne et ça, les démons vont vite s'en apercevoir. Le rôle de la jeune femme auprès d'eux semble dès lors plus délicat qu'elle ne l'avait cru au départ. Car si elle n'a pas conscience d'avoir créé un terrible accident entre les mondes humains et démoniaques, elle va pourtant devoir réparer les dégâts... et vite.

Frédérique de Keyser nous ouvre les portes d'un univers paranormal où nous retrouvons quelques références à des auteurs connus et notamment à Jenna Black, mais la ressemblance relative aux démons et à leur penchant pour les arts SM s'arrête là. L'auteure décrit en effet une relation très particulière entre ses personnages où les échanges sensuels enflammés côtoient, avec pudeur et tendresse, l'utilisation du fouet, de la badine ou de la fessée.
Pas de fausse note chez Frédérique de Keyser. Elle maîtrise le sujet et ne met jamais ses protagonistes en situation dégradante ou humiliante face à cette pratique pouvant rebuter l'essentiel des lecteurs non avertis.
Par ailleurs, l'évolution sentimentale est la constante du roman, avec ses doutes, ses craintes, ses prises de conscience et ses échanges incandescents, mais tout serait bien trop simple s'il n'y avait pas cette fameuse « faille » dans le passé de Slaine.

L'auteure a une plume franche, souple, fluide et n'a pas froid aux yeux. Quelques maladresses et autres coquilles subsistent dans le texte, mais rien qui en gâche la lecture. Frédérique dépeint des expériences dont on parle peu et pouvant heurter le jeune lectorat, ce qui mérite tout de même qu'on le souligne car elle assume et persiste. Le premier tome s'achève sur une note angoissante lorsque Slaine décide de réparer la faille... nous ouvrant la voie sur le tome 2 qui reprend l'histoire exactement à cet instant là.

Pour finir, c'est un roman qui se lit rapidement, dont les événements s'enchaînent entre souplesse et tension, et qui provoque une certaine addiction au moment de tourner la dernière page. Ce livre n'est pas à mettre entre toutes les mains. En effet, comme énoncé plus haut, il faut garder à l'esprit que c'est un roman pour adultes avertis. Une fois que l'on a bien conscience de cela, l'immersion est totale.


L'avis de Lila :

Luxuria est un roman qui fait la part belle à l'érotisme et, disons-le franchement, au BDSM ("Bondage, Discipline, Domination, Soumission, Sado-Masochisme" d'après monsieur Wikipédia) et au libertinage assumé. De ce fait, on en réservera la lecture à un public averti. L'histoire se déroule essentiellement au sein du Luxuria, un club libertin où chacun pourra trouver son plaisir quelles que soient ses préférences. Et pour couronner le tout, cet établissement est tenu par des démons au sex-appeal dévorant. Ceux-ci sont arrivés en grand nombre parmi nous et ne se cachent pas, bien au contraire, et pour le grand plaisir des humains qui profitent sans se faire prier de leurs physiques avantageux et de leurs performances sexuelles incomparables.

Sláine évolue dans ce monde, évitant autant que possible les démons dont elle se méfie suite à une mauvaise expérience. Moderne et franche, son caractère haut en couleurs fait des étincelles. C'est d'ailleurs en se disputant avec son ancien patron en public qu'elle attire l'attention de deux démons. Sa rencontre avec eux va la forcer à entrer de plain-pied dans cet univers dont elle ignore tout, et surtout, qui ne l'attire pas : celui des démons bien sûr, celui du Luxuria ensuite, mais également celui du BDSM. Sláine n'est pas du genre chanceuse, et quand le destin décide de la pousser dans une situation dont elle ne veut pas, autant dire qu'il y va franco. C'est ainsi qu'elle se retrouve, en moins de temps qu'il n'en faut pour dire BDSM, à travailler au Luxuria et à vivre dans les appartements privés de Sio, un démon sexy en diable, tant qu'à faire.

La sensualité et l'érotisme sont présents en permanence dans ce roman. Mais pas de façon lourde ou vulgaire, plutôt par petites touches ici et là. Le lieu tout entier est une invitation au plaisir charnel et y évoluer sans y penser est évidemment impossible. Surtout en étant entouré par des démons plus attirants les uns que les autres. De fait, Sláine pense beaucoup à ses hormones, et nous avec. Tout l'aspect BDSM est une belle surprise. On pourrait s'attendre à beaucoup de choses, surtout au pire, mais force est de constater que l'auteure n'a pas envie de choquer ou de bousculer le lecteur. Elle le prend par la main et l'entraîne progressivement, sans vraiment qu'il s'en rende compte. Sláine n'est pas du tout attirée par le BDSM, mais elle a cependant une sexualité qu'on qualifiera de "classique" et d'assumée. On nous épargne le cliché de l'ingénue traditionnelle qui connaît son premier orgasme grâce au super héros de service, ouf. Le BDSM présenté ici a quelque chose de très doux, on y trouve beaucoup de pudeur. On aime ou pas cette pratique, mais on finit par en comprendre l'essence, et certaines notions de romantisme, de don de soi et de confiance en l'autre font mouche, il faut l'avouer. D'autres pratiques sexuelles sont évoquées avec tout autant de finesse et de pudeur. D'une façon générale, ce sont toutes les scènes érotiques qui sont très bien écrites et qui raviront les amateurs du genre.

Ce roman est cependant bien plus qu'une succession de scènes érotiques. On y trouve de l'amour et de l'action. L'histoire de fond est intéressante et évite pas mal de clichés. On y trouve beaucoup de bonnes idées également. Les personnages sont tous bien décrits, on s'attache facilement à eux et Sláine ne manque pas d'humour. On peut réellement s'identifier à elle. Elle peut également agacer par son manque de maturité amoureuse ou sa capacité étonnante à se disputer avec Sio à longueur de temps, mais c'est quelque chose qui semble totalement assumé, puisqu'elle se le reproche elle-même. On pourra regretter que l'auteure aille vite en besogne : les personnages tombent amoureux très rapidement, et en seulement quelques jours, on a déjà eu droit à des déclarations enflammées, des séparations douloureuses et des réconciliations émouvantes. Certains apprécieront de ne pas tourner autour du pot et d'être rapidement amenés au cœur de l'histoire, d'autres pourront trouver ça un peu étonnant.

Ce roman faisant la part belle au BDSM, il est difficile d'en parler sans évoquer le monsieur en gris. Après le "porno chic" dans la mode, voilà le "mommy porn" dans la littérature. Ou quand le grand public découvre le fil à couper le beurre et crie à la nouveauté. Si Fifty shades of Grey est le Twilight du roman érotique, espérons que l'engouement qu'il suscite viendra mettre en lumière d'autres romans vraiment meilleurs et écrits bien avant cet effet de mode, comme c'est le cas de Luxuria. Le "mommy porn", c'est moche, vraiment, autant dans le nom que dans ce qu'il prétend être. Restons-en plutôt à notre bonne vieille étiquette de lectrices de romances érotiques qui s'assument, et partons explorer des romans bien plus profonds et complexes, qui offrent sur un même plateau des scènes d'un érotisme torride et une histoire qui n'est pas juste un prétexte à la gaudriole. Vous l'aurez compris, Luxuria est un bon roman, complexe, riche et bien écrit, et qui vous procurera sûrement plus de frissons que Mr Grey, aussi sexy soit-il.

Chronique concernant le tome 2 de l'ancienne édition, la réédition réunissant les tomes 1 & 2

L'avis de Christy :

Nous avions laissé Slaine face à sa funeste résolution à la fin du premier volet de Luxuria. La suite de ce roman commence exactement à l'instant où la jeune femme franchit le seuil des deux mondes.
Sans livrer de détails essentiels sur les conséquences ayant conduit au retour de Slaine au Luxuria, il est néanmoins un point à souligner : rien ne sera plus jamais comme avant pour elle.
Ses mésaventures sentimentales s'accumulent sans pour autant éteindre la passion qui la consume. En effet, que ce soit le sombre démon Sio, accourant auprès de celle qu'il aimait jadis malgré sa trahison, ou du charismatique Voan, géant aux cheveux rouges et à la fougue incendiaire qui multiplie les scènes de jalousie conduisant à une certaine brusquerie dans leur relation, Slaine ne sait plus où elle en est.
Sa seule solution, accepter tout en bloc, ce qui n'est pas une mince affaire puisque Téli, lui aussi, fait des siennes !
Cependant, les bonnes résolutions de la jeune femme sont totalement court-circuitées lorsque Adam, personnage mystérieux croisé dans le premier tome, intervient et qu'il se montre tel qu'il est réellement. Car son but à lui, est de faire venir les Principes, ces sortes de Maîtres des démons, sur Terre au risque de détruire l'humanité.

Une fois encore, Frédérique nous propulse dans son monde à part où amour, passion, sexe et désillusions s'entremêlent sans jamais nous lasser. L'auteur a dévoilé que Luxuria était, au départ, un roman unique. À la lecture de cette seconde partie, nous enchaînons donc les événements sans reprendre notre souffle. Car si le tome 1 était addictif, le 2 cèle cette emprise des sens en nous propulsant en plein cœur de l'action.
Complots, machinations, enlèvement, tortures... rien n'est épargné à Slaine dont la vie basculera dans l'horreur après avoir été... mais chuuuut !

Pour ceux qui avaient apprécié, voire adoré Luxuria 1, le tome 2 vous mettra les nerfs à fleur de peau. Les passages sulfureux sont toujours là, nombreux, bien décrits, savamment dosés dans leurs détails et comme précédemment, jamais vulgaires ni humiliants.
Cependant, si vous aviez succombé au charme ténébreux des démons dans le tome 1, attendez-vous à un retournement de situation un peu flippant pour notre héroïne. Cela dit, l'auteure nous offre aussi de superbes échanges entre Voan, Slaine et Sio dont le triangle amoureux se peaufine malgré les obstacles.

Nous tournons la dernière page avec une certaine mélancolie... certes, l'histoire prend un tournant plus ou moins attendu qui adoucit efficacement certains passages difficiles du roman, mais il reste encore quelques questions sans réponses. Heureusement, Frédérique de Keyser a récemment confirmé son intention de pousser plus loin les aventures de Slaine et de ses Démons avec un troisième tome... pour notre plus grand plaisir.



4,99 EUR
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Dernière édition par Daléa le Jeu 8 Sep 2011 - 12:09, édité 1 fois

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Re: Luxuria, Tome 1

Message par Kayla le Lun 15 Aoû 2011 - 20:21

le résumé me tente mais je vais attendre des avis car trop déçue par sharon Kena même si au lu du compte rendu l'écriture me parait agréable cette fois ci....
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Re: Luxuria, Tome 1

Message par Invité le Lun 15 Aoû 2011 - 21:55

L'auteure de ce roman n'est pas l'éditrice ...  Wink


Dernière édition par Daléa le Mar 9 Juil 2013 - 18:27, édité 1 fois

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Re: Luxuria, Tome 1

Message par Kayla le Mar 16 Aoû 2011 - 14:09

oui Daléa je sais bien....mais merci quand même
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Re: Luxuria, Tome 1

Message par Lila le Mar 16 Aoû 2011 - 16:19

Est-ce que les premiers chapitres sont disponibles sur le site de l'éditeur ? Ca permettrait à chacun de se faire son opinion.

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Re: Luxuria, Tome 1

Message par Invité le Mar 16 Aoû 2011 - 17:42

Apparemment non, mais renseignements pris, j'ai l'autorisation de l'éditrice de vous livrer les deux premiers chapitres :-)

Je le mets en Spoiler ... j'en profite pour faire pareil avec Rayon de Lune.


Spoiler:

Chapitre 1

Depuis que les démons avaient investi notre dimension, avec l’autorisation de ceux qui nous gouvernent, je précise, il fallait bien dire que le monde allait un peu mieux. Ce n’était pas encore le paradis, mais le chaos dans lequel notre société menaçait de choir lamentablement avait été évité de justesse.
Les négociations avaient été rudes. Cependant, les humains comme les démons avaient finalement trouvé un terrain d’entente. Aucun d’entre nous, pauvres créatures mortelles, n’avait été dupe quant à ce qui avait motivé les démons à accepter nos conditions. Leur présence parmi nous ne devait rien à une quelconque philanthropie. Nos dirigeants, pour ce que nous en savions, avaient trouvé le moyen de les contacter et s’étaient aperçus que leurs capacités s’avéreraient très utiles pour nous sortir du bourbier. Les démons avaient donc remis un peu d’ordre dans notre société devenue merdique, notamment en ce qui concernait la délinquance, et rétabli une justice à peu près digne de ce nom. Pour la première fois depuis longtemps nous n’étions plus terrorisés à l’idée de nous promener dans la rue, nous n'avions plus peur de nous faire agresser parce que nous n’avions pas le regard qu’il fallait ou parce que nous possédions quelque chose qu’un agresseur voulait, même s’il n’en avait aucun besoin. Les sanctions étaient redevenues cohérentes avec les délits, à savoir que celui qui volait de l’argent risquait moins qu’un violeur ou qu’un agresseur de vieilles dames.
Ces créatures, qui avaient pourtant la réputation d’être malveillantes, avaient cependant contribué à rétablir certaines valeurs méprisées depuis belle lurette par la majeure partie de l’humanité. Ainsi, le dieu fric, la déesse du paraître et leurs enfants, bêtise et superficialité avaient presque été détrônées pour laisser place à des principes un peu plus élevés.
Les démons accueillaient en outre avec plaisir les personnes avides de connaissances, spirituelles notamment, auxquelles ils dispensaient des enseignements. Ils avaient pourtant bien insisté sur le fait qu’en aucun cas il ne s’agissait d’une énième religion, mais d’un accès à la compréhension et au savoir. Ce que les églises en place, sentant leurs dogmes et leur autorité – surtout – menacés, avaient immédiatement qualifié d’hérésie insupportable. Elles n’étaient cependant pas parvenues à s’entendre, même sur ce point qui aurait pu, à mon sens, les réunir. De plus, plusieurs groupuscules plus ou moins extrémistes, heureusement encore isolés et peu organisés, avaient commencé à fleurir çà et là en réaction à l’occupation. C'est pourquoi certains démons patrouillaient dorénavant dans nos rues pour surveiller tout ce petit monde intolérant.
Je n’avais personnellement jamais bien compris comment tout ceci avait commencé, qui était entré en contact avec qui en premier, et j’avoue que je m’en fichais un peu. Je n’étais pas non plus particulièrement ravie de devoir côtoyer des démons, aussi, évitai-je leur fréquentation autant que possible. Mon caractère m’aurait d’ailleurs très probablement conduit à dire, ou à faire, quelque chose que j’aurai regretté immédiatement. En réalité, même si je ne suis pas d’un tempérament très facile – on me traite souvent de râleuse – c’est plutôt l’image de dure à cuire que je voulais donner de moi et dont j’usais dans la rue qui aurait pu être mal interprétée. Je me protégeais en quelque sorte pour ne pas exposer une sensibilité que je considérais comme une faiblesse. De plus, sans être une déesse, mon physique suscitait déjà suffisamment de convoitise chez les humains sans que je pousse le vice au point d’aller aguicher les démons.
Il ne m’était pas spécialement difficile de ne pas les rencontrer dans la mesure où ils fréquentaient essentiellement les clubs créés à leur intention, où ils pouvaient laisser libre cours à leurs appétits avec des humains consentants. D’ailleurs, c’était une chose que je ne parvenais pas bien à saisir les concernant. Ces êtres, dont la nature était infiniment plus subtile que la nôtre, qui leur permettait par ailleurs d’expérimenter des choses dont nous n’avions même pas idée, semblaient cependant irrésistiblement attirés par notre corps physique, notre chair.
Les reconnaître était facile. Ils étaient tous – absolument tous, mâles ou femelles – d’une beauté à couper le souffle et dotés d’un charisme propre à faire exploser n’importe quelle libido. D’autant qu’ils avaient la faculté d’adapter leur apparence physique en fonction de l’idéal de leur proie du moment. Ce qui n’était certes pas du jeu puisqu’ils obtenaient ainsi ce qu’ils souhaitaient, mais cela semblait satisfaire toutes les parties en présence.
Je n’avais bien évidemment jamais mis les pieds dans leur monde, aussi je me contentai d’intégrer les informations qui me tombaient sous les yeux à leur sujet.
Trois catégories de démons fréquentaient notre dimension : les Vovims – majoritairement masculins –, les Ananaels – majoritairement féminins – et les Oxiyala – où mâles et femelles étaient également représentés. Vive la parité ! Chaque caste était identifiable à la marque qu’ils portaient sur le cou, comme un tatouage, juste sous l’oreille. Les Vovims arboraient une étoile noire à huit branches, les Ananaels, un symbole ressemblant à trois triangles entrelacés – un peu comme le symbole du dieu Odin, mais avec la pointe vers le bas – et les Oxiyala un pentagramme noir, vert, rouge ou bleu. Je n’avais strictement aucune idée de la signification du nom de leur catégorie et ne tenait pas plus que ça à le savoir. Surtout les Vovims, qui, s’ils étaient particulièrement séduisants, à mon goût en tout cas, véhiculaient une aura de puissance, de danger et de violence beaucoup plus prononcée que les autres. À moins que cela ne vienne de leur tenue, j’allais dire : réglementaire, qui consistait en un pantalon en cuir et t-shirt, noirs, sur lesquels ils portaient généralement un long manteau en cuir. Ou de leur attitude impassible, voire dure, comme si rien ne pouvait les atteindre. C’est à eux qu’était échue la mission de patrouille dans nos rues et les Vovims étaient également très représentés dans les lieux de débauche. Et notamment deux d’entre eux, que leur réputation précédait.
J’avais lu un article, l’interview de quatre femmes passées entre leurs mains et qui ne tarissaient pas d’éloges sur leurs qualités d’amants. Elles se vantaient d’avoir enfin découvert ce qu’était le plaisir, grâce à eux, ainsi que d’avoir testés des pratiques extrêmes – pour elles – et eu connaissance de nouvelles perversions dont elles n’avaient pas le droit de parler. Il était clair qu’elles étaient devenues complètement droguées au sexe. Ou aux démons. S’en suivait une liste non exhaustive de ce à quoi les démons s’étaient livrés sur et avec elles. Je me promis de tout faire pour éviter de rencontrer ces deux spécimens que je soupçonnais presque d’être impuissants lors de rapports classiques, ou à tout le moins sans fouet, corde, menottes, etc.
Pour ma part, lorsqu’il m’arrivait de croiser un démon dans la rue, je changeais de trottoir et n’avais jamais mis les pieds dans un « 156 », surnom des établissements où ils se sentaient presque comme chez eux. La rumeur courrait que ce nombre était en rapport avec une entité qui, lorsque vous aviez affaire à elle, vous démontrait que nier sa nature animale, la bête qui réside en chacun de nous, était une erreur fatale bloquant toute possibilité d’évolution individuelle. Nul doute dans mon esprit que ceux qui fréquentaient ces clubs ne niaient plus rien du tout…
Ne pas fréquenter les démons ne signifiait pas que je ne m’y intéressais pas. Je me tenais au courant, en lisant les journaux. Je n’avais d’ailleurs plus grand-chose d’autre à faire ces derniers temps, en dehors de chercher un nouveau travail. J’avais envoyé paître mon employeur, en le traitant de « gros porc inculte » (inculte parce que bien que gérant d’une librairie, je le soupçonnais d’être, peut-être pas illettré, mais limité oui sans aucun doute), sous l’œil effaré des clients de la librairie, après qu’il ait tenté, une fois de plus, de me coincer dans la réserve. Passée maîtresse dans l’art de lui échapper, je m’étais précipitée dans la boutique où il m’avait suivie en me traitant de, et je le cite, « salope d’allumeuse », d’où ma propre réplique. Il faut croire que même habillée comme un sac – ce que je faisais depuis que je bossais dans cette boite – j’éveillais ses appétits. Je n’étais pas ce genre de femmes, faussement modestes, qui feignaient ne pas connaître ou voir l’effet qu’elles avaient sur les mâles. D’ordinaire j’aimais cela, appréciant sentir les regards gourmands me – presque – déshabiller, les hommes se retourner sur mon passage. Ma propre conception de ce qu’on appelle d’habitude des tenues sexy semblait en accord avec celle de la gent masculine. Rarement, voire très rarement, en jupe, je ne dévoilais la plupart du temps qu’un minimum de peau, mais mes tenues noires et moulantes semblaient pallier ce manque.
Ma passion pour la couleur noire, qui à mon sens avait l’avantage d’éviter les fautes de goût notamment, avait toujours désespéré mes parents. Ma mère surtout, qui parfois revenait des courses avec des vêtements achetés pour moi, qu’elle choisissait immanquablement de couleurs vives ou pastels et qui, invariablement atterrissaient dans sa propre garde-robe. Mais le pire, pour elle, avait été lorsqu’à l’âge dix-sept ans, j’avais voulu me colorer les cheveux, pourtant bruns. J’étais quand même parvenue à résister à la tentation d’acheter des lentilles pour foncer encore la couleur de mes yeux, estimant que finalement mes iris bleu marine étaient déjà suffisamment sombres.
J’entendais encore les cris horrifiés de ma mère :
– Sláine, ma chérie, ne fais pas ça ! Non seulement tu vas ressembler à un cadavre, mais en plus, ça va abîmer tes beaux cheveux...
J’avais cédé cette fois-là et abandonné mon projet. Momentanément. Je trouvais que le noir était beau, me convenait parfaitement, et mon attirance pour cette non couleur n’avait rien de morbide. Ni rien à voir non plus avec ce qui m’était arrivé lorsque j’étais adolescente bien que cela aurait pu – ou dû – être le cas.
Avec quelques amies, nous avions décidé de faire une séance de spiritisme, pour nous occuper et nous amuser. Nous étions jeunes. Et stupides. Adolescentes quoi. Nous aurions dû tout simplement aller au cinéma. Mais non, ce jour-là il était écrit que nous devions gâcher nos vies.
C’était un dimanche de vacances et nous nous ennuyions à mourir. Je me suis toujours raccrochée, même après l’accident, au fait que ce n’était pas moi qui avais eu cette mauvaise idée. Ce n’est pas tant le fait d’avoir voulu contacter l’au-delà qui a été dramatique, mais plutôt notre volonté de nous amuser ainsi. Quand je dis perdues, je ne suis pas loin du compte, car je fus la seule à avoir retrouvé une vie à peu près normale. Mes trois copines, aux dernières nouvelles puisque même quinze ans après leurs parents m’interdisaient encore de venir les voir ou même de leur téléphoner, suivaient un traitement lourd pour ne pas sombrer définitivement dans la folie, aidées en cela par des parents navrants, butés, et j’irais jusqu’à dire mauvais pour elles. Pourtant, c’était moi qui avais subi le choc le plus violent, physiquement. Ce qui les a traumatisées, elles, fut de m’avoir crue morte avant de me voir faire une crise de démence. Je fus la seule également à « bénéficier » d’un séjour à l’hôpital avant d’entrer en établissement spécialisé. Pendant deux mois, paraît-il. Pour moi, je n’y étais restée qu’une semaine. Je m’étais réveillée un jour, seule, dans une chambre toute blanche sans comprendre ce que je fichais là. Il m’avait fallu suivre des séances d’hypnose pour retrouver une partie de mes souvenirs. Je ne voulais pas, pressentant que ça ne me plairait pas du tout, mais les parents de mes copines, ainsi que la police, avaient insisté. J’avais donc subi quelques séances de tortures qui m’avaient laissée anéantie. Plus exactement, puisque je ne me souvenais de rien, entendre les enregistrements, ma voix terrifiée raconter ce que j’avais vécu m’avait accablée, mais aidée aussi.
Il semblerait, selon mes propres dires, que dès le début de la séance, rien ne s’était passé comme cela aurait dû. L’entité ou l’être désincarné qui était entré en contact avec nous avait commencé par nous écrire des propos orduriers, se réjouissant visiblement d’avoir quatre filles à peine nubiles à se mettre sous la dent. Toujours d’après moi, le verre aurait écrit « sauvez-vous » juste avant d’être projeté avec une force inouïe et d’entrer violemment en contact avec mon crâne, me laissant sur le carreau. Ce fut à cet instant que mes amies m’avaient crue morte. Apparemment elles auraient perdu les pédales au moment où je me suis réveillée, le visage en sang. Sans doute avaient-elles eu peur de se retrouver en face d’un zombi en puissance. Il paraîtrait également que je m’étais mise à parler avec la même voix de Regan dans le film « L’Exorciste », pour les invectiver, puis, chose curieuse, leur faire promettre de ne jamais recommencer une chose pareille. La promesse ne fut pas difficile à tenir.
J’étais finalement beaucoup plus forte que je ne le pensais. Je m’en étais sortie sans trop de dommages physiques ni psychologiques, même si je n’avais plus jamais mis les pieds au collège, pas plus qu’au lycée. C’est en cela que j’avais probablement gâché ma vie, mais jamais mes parents ne m’avaient tenue pour responsable de ce qui s’était passé, ni ne m’en avait voulu de ne pas reprendre ma vie là où je l’avais laissée. Ils m’avaient aidée. Aimée surtout. Je n’étais pas non plus devenue droguée ni alcoolique. J’avais mes failles, mes peurs, mais rien de dramatique. J’étais un être humain normal, ni plus ni moins névrosé qu’un autre.
Et un individu qui devait absolument se bouger les fesses pour aller chercher un nouveau travail. Si j’avais pu tenir avec mes quelques économies depuis ma démission, je devais tout de même me renflouer. Et puis, j’étais incapable de rester cloîtrée chez moi toute la journée.
Après un solide petit-déjeuner, une bonne douche, je pris la décision de m’habiller comme j’en avais envie. Je n’avais plus à me soucier de l’autre andouille lubrique, aussi me fis-je plaisir en enfilant un jean en stretch (noir, évidemment) ainsi qu’un t-shirt à manches longues très très moulant. Abandonnant l’idée de mettre des talons hauts pour parcourir la ville, j’optai pour ma paire de bottes de sauts – non pas que je fasse du saut en parachute, j’avais bien trop le vertige pour ça, mais j’aimais le look de ces chaussures sobres, solides et confortables. Une touche de maquillage et j’étais fin prête avec ma liste d’annonces d’offres d’emploi glissée dans mon sac à dos.
Ma matinée ne donna rien, pas plus que mon après-midi, tous les postes ayant été pourvus avant mon arrivée. J’étais tellement fatiguée et découragée que je ne pus résister à la tentation, en passant devant la librairie où j’avais travaillé, mais surtout en voyant le Gérant, Monsieur François Bouvier, glandouiller – ou reluquer les passantes plus certainement – comme à son habitude sur le pas de sa porte, de lui adresser une grimace. Puéril, mais ô combien réjouissant. J’allais poursuivre mon chemin lorsque je l’entendis marmonner dans mon dos.
– Espèce de pute.
Mon sang ne fit qu’un tour. Je rebroussai chemin et me plantai devant cet homme qui me faisait horreur, qui transpirait la vilenie et la couardise, et qui empestait par-dessus le marché. Je n’avais jamais supporté l’eau de toilette de luxe, dont il s’aspergeait à profusion et qui devait lui donner l’impression de ressembler à l’homme superbe qui apparaissait dans la publicité de ce parfum.
– Écoute moi bien, commençai-je en lui adressant mon regard le plus froid, veux-tu que je te dénonce, que je raconte comment tu obliges ton comptable à trafiquer tes comptes en plus du harcèlement sexuel auquel tu te livres sur tes employés ?
Son visage vira au cramoisi.
– Si tu fais ça je te…
– Tu quoi ? prononça une voix singulièrement grave derrière moi, me faisant simultanément sursauter et me retourner.
Mes yeux rencontrèrent une surface en coton, noire, qui avait l’air aussi dure que du béton armé. Un parfum légèrement poivré chatouilla mes narines. Puis mes yeux remontèrent, remontèrent encore, jusqu’à m’obliger à pencher la tête en arrière pour rencontrer deux yeux, noirs aussi, baissés sur moi.
Mon cœur fit un looping dans ma poitrine lorsque mon cerveau analysa, sur ce trajet captivant, il faut bien le dire, le dessin qui ornait le cou de celui qui venait de nous interrompre en pleine altercation. Baissant vivement la tête, je fis volte-face et tentai de me faire toute petite. Un autre démon se trouvait maintenant derrière le libraire dont la peur se manifestait par un regard apeuré et un accès de transpiration. Le démon venait de poser une main sur son épaule secouée de spasmes de terreur. Je jetai un discret coup d’œil au nouvel arrivant histoire de prendre sa mesure. Il avait le visage d’un ange. Aussi grand que celui qui se tenait toujours derrière moi, ses cheveux blonds lui arrivaient aux épaules et son regard bleu glacial était rivé sur le sommet du crâne de sa proie.
– Alors ? s’impatienta le démon auquel je tournais le dos. Réponds ? Que vas-tu faire si elle met ses menaces à exécution ?
– Rien, s’exclama celui-ci d’une voix rendue très aiguë par la peur. Rien du tout, c’est juste que…
Je vis la main du blond resserrer son emprise sur l’épaule de Bouvier qui écarquilla encore les yeux et grimaça de douleur. Il m’étonna, car il trouva le courage de poursuivre.
– Elle bossait pour moi et c’est une allumeuse.
Je le fusillai du regard. Je lui en voulais de détourner l’attention sur moi. Cette belle ordure préférait me jeter en pâture aux démons pour se sortir du pétrin plutôt que de faire preuve de solidarité pour quelqu’un de son espèce. Je contre-attaquai.
– Non, c’est de pute que vous m’avez traitée, espèce de…
– Et c’est le cas ? demanda la voix grave dans mon dos.
– Non ! m’offusquai-je.
– Vous semblez bien le connaître pourtant, poursuivit la voix.
– J’ai effectivement travaillé pour lui, avouai-je, mais j’ai démissionné parce que j’en avais marre de son harcèlement.
– Ça devait vous manquer puisque vous êtes là, intervint le blond.
Son regard pétrifiant désormais posé sur moi me fit froid dans le dos. Je soupirai. Je savais parfaitement qu’ils le faisaient exprès, sans doute pour s’amuser un peu, mais ne pus m’empêcher de me justifier.
– Je passai juste devant sa boutique pour rentrer chez moi. C’est interdit ?
– Avec l’espoir de vous faire réembaucher peut-être ?
– Absolument pas, pour rien au monde je ne retravaillerai pour lui. Oh et puis flûte, je me casse, m’exclamai-je en m’écartant pour reprendre ma route.
Tout démon qu’ils étaient, ils n’avaient pas le droit de se mêler de ça. Malgré les conventions passées avec les humains, ils n’avaient aucun droit de basse et haute justice sur nous.
Je n’avais pas fait deux mètres que je fus happée par une main qui se saisit de mon bras pour m’en empêcher.
– Non, non, non, vous restez là. J’aimerai comprendre, insista le démon sans me lâcher malgré mes mouvements pour me libérer.
– C’est ridicule, soupirai-je. C’est juste une querelle entre…
– Deux amoureux, railla le blond.
Beurk !
– Non, un ex-employeur malhonnête et une ex-employée, répondis-je avec une moue de dégoût.
– Elle a raison, rien de bien méchant, plaida le libraire en me fixant d’un air pourtant mauvais.
Le démon blond fixa un moment son acolyte avant de se décaler pour faire face à mon ancien patron auquel il tendit une carte plastifiée. Je vis son visage s’éclairer comme si on venait de lui offrir un chèque à cinq chiffres. Il s’agissait en réalité d’une entrée gratuite pour un club 156 de son choix. Je détournai le regard, écœurée.
Après avoir observé l’homme rentrer d’un pas léger dans sa boutique, les deux démons reportèrent leur attention sur moi. Tous deux me faisaient face et je me demandai, prête à fuir à toutes jambes, ce qu’ils avaient prévu pour moi. Je les observai d’un œil méfiant, ce qui me permit de prendre la mesure de celui qui était resté dans mon dos la plupart du temps. Mal me prit de le faire. Déjà, je n’aimais pas du tout sa manière de me regarder. Et il était beaucoup trop beau pour ma sécurité. Ses cheveux aussi noirs que son manteau en cuir étaient retenus en queue de cheval, excepté deux mèches libres qui partaient de ses tempes. Ses yeux magnifiques, soit dit en passant, brillaient d’une lueur qui me dérangea singulièrement. Son visage, un peu dur et résolument viril demeurait impassible.
Et merde ! pensai-je en sentant mes genoux flageoler.
J’avais chaud et mon cœur battait un peu trop vite. Ce qui ne m’empêcha pas de poursuivre mon examen en laissant mon regard reluquer ce que son long manteau ouvert me permettait d’apercevoir. Des muscles en acier trempés, moulés dans un t-shirt noir, puis de longues jambes prisonnières d’un pantalon en cuir, noir également. Et pour finir, une paire de bottes bardées de métal et capables, à première vue, de défoncer un crâne très facilement. Mes yeux remontèrent finalement pour croiser à nouveau le regard d’onyx. Un hoquet de surprise se coinça dans ma gorge. Le démon me parut soudainement plus grand. Ce qui n’était pas pour me rassurer, car j’en conclus qu’il devait avoir ajusté sa stature à mes propres goûts. C’était terriblement gênant, excitant aussi, mais également terrifiant. J’avais l’impression d’être devenue une proie.
– Seriez-vous intéressée par une offre d’emploi ? me demanda le blond.
Détournant mon regard vers lui, il me sembla apercevoir une lueur ironique dans ses yeux.
Je hochai la tête.
– Quel genre de travail recherchiez-vous ?
– N’importe…
Réalisant immédiatement mon erreur, je m’empressai de rajouter :
– Enfin, presque.
– Serveuse ? Dans un bar ?
– Éventuellement, oui.
Le démon me tendit la carte d’un club de luxe au nom évocateur de Luxuria.
– Je vous remercie, mais je n’ai pas envie de bosser dans ce genre d’endroit, dis-je en la lui rendant.
– Vous refusez ? s’exclama le brun dont le visage perdit sa fixité.
Il ne devait pas avoir l’habitude que l’on refuse ses offres. Je fus ravie de lui apprendre quel effet cela faisait.
– Oui, affirmai-je. Et vous n’avez pas le droit de m’y contraindre, ajoutai-je.
– C’est vrai, convint-il volontiers. Nous n’avons pas le droit, mais nous le pouvons.
Prenant sur moi de ne pas répliquer à la menace sous-entendue, je gardai finalement la carte que je fourrais dans ma poche. Inutile de vous préciser que je n’avais aucune intention de m’y rendre.
Je ne sus pas si l’un ou l’autre perçut ou entendit mes pensées, mais le blond intervint à nouveau.
– Réflexion faite, nous allons vous y conduire, tout de suite, pour votre entretien d’embauche.
Ma bouche s’assécha et mon cœur fut malmené par des palpitations terribles. Mes nerfs n’allaient pas beaucoup mieux. Je serrai les poings pour empêcher mes mains de trembler. Je n’avais aucune envie d’aller où que ce soit surtout escortée par deux démons, mais n’avais malheureusement pas le choix. Leur insistance à m’embaucher était-elle motivée par mon refus et leur esprit de contrariété ou s’agissait-il d’autre chose ?
Les deux hommes m’invitèrent à monter dans leur voiture garée à quelques rues, à l’arrière du véhicule. J’hésitai quant à savoir si je devais me considérer comme un VIP ou comme un condamné que l’on conduisait à l’échafaud. Il n’était pas dans les habitudes des démons de fréquenter les humains en dehors des 156, et encore moins de s’afficher avec eux dans la rue. Sur le trajet qui menait à leur voiture, j’avais surpris les regards, tantôt emplis de pitié, tantôt d’envie que les passants m’avaient jetés.
Assise sur la banquette arrière, affichant un air revêche et croisant mes bras contre ma poitrine, je les maudissais en silence pendant le trajet. Je n’en menai pas large en réalité. Mais je ne voulais pas le leur montrer.
– Vous nous connaissez mal, mademoiselle, déclara soudain le blond en me jetant un rapide coup d’œil dans le rétroviseur. Vous êtes pleine de préjugés à notre égard.
– Vraiment ? m’étonnai-je d’un air dédaigneux.
– Je vous assure. Nous avons du respect pour vos semblables
Tu parles !
– La seule raison pour laquelle vous êtes ici est votre concupiscence sans limites, répondis-je, consciente de sans doute aller trop loin. Vous vous servez de nous pour assouvir vos vices.
– Ne parlez pas de ce que vous ne connaissez pas, mademoiselle. Et je ne saurais trop vous conseiller de ne pas aller trop loin.
Malgré l’avertissement, je continuai sur ma lancée.
– Comment pourriez-vous avoir du respect puisque vous ne ressentez strictement rien, ni sentiment ni…
– La ferme ! gronda rageusement le brun jusque-là resté silencieux.
Je la fermai donc et surpris le coup d’œil en coin que le blond lui jeta. Le reste du trajet se déroula dans le silence absolu. J’avais beaucoup trop chaud et la présence des deux superbes spécimens assis devant moi n’y était pour rien. Le chauffage était monté à fond, une douce torpeur m’envahissait.


Chapitre 2

Je me réveillai en sursaut dès que la voiture s’arrêta. J’avais dû m’assoupir ce qui me déplut prodigieusement. J’avais été à leur merci absolue et fut surprise d’être toujours intacte. Le démon blond me proposa sa main pour m’aider à sortir après avoir ouvert la portière. Je fis comme si je n’avais rien vu et sortis par mes propres moyens avec un manque de grâce total.
Nous étions garés sur un parking, désert, au pied d’un bâtiment qui ressemblait plus à un entrepôt à l’abandon qu’à un club tout neuf, excepté que l’enseigne était allumée, des lettres en néon rouge agressif disposées juste au dessus de la porte d’entrée.
Sans s’occuper de moi, les deux démons se dirigèrent vers celle-ci qui s’ouvrit – j’allais dire comme par magie – automatiquement lorsqu’ils s’y présentèrent. Je restai bien sagement derrière eux, n’étant pas stupide ou inconsciente au point de tenter de m’enfuir alors qu’ils n’étaient pas loin. Et j’avoue que j’étais un rien curieuse d’entrer dans un tel endroit. Je regardai autour de moi. Nous étions apparemment juste à la sortie de la ville, dans l’ancienne zone industrielle. Super ! Nous étions complètement isolés. Enfin, j’étais loin de chez moi et sans aucun moyen pour m’enfuir autrement qu’en courant si l’occasion se présentait.
Les deux démons pénétrèrent dans le bâtiment où j’entrai à leur suite. J’avoue que je fus déçue, car le hall était plongé dans une obscurité presque totale qui m’empêchait de distinguer le décor. La seule lumière dispensée était celle de l’enseigne qui passait par la porte restée ouverte. Je plissai les yeux pour affiner ma vision. En vain. En revanche, je ne pus manquer de voir la femme qui se jeta littéralement au cou des deux mâles. Elle embrassa le blond qui enroula, presque brutalement, un bras autour de sa taille. Je baissai les yeux et fixai le bout de mes chaussures lorsque le brun se plaqua dans le dos de la femme et entreprit de l’embrasser dans le cou alors qu’elle semblait déjà très occupée avec le blond. Je n’étais pas particulièrement coincée, mais n’avais pas spécialement envie d’être spectatrice de… de quoi que ce soit.
Une fois décollée des deux hommes, au bout d’un long temps que je vécus comme un grand moment de solitude, la femme, très jolie au demeurant, s’avisa enfin de ma présence derrière eux.
– Qui est cette petite souris ? demanda-t-elle avec un sourire franc à mon attention.
J’aurais voulu la détester d’être aussi belle, et aussi sereine et agréable, mais dès que mon regard croisa ses beaux yeux couleur pervenche, je me surpris à la trouver immédiatement, et sans aucune raison, sympathique. La couleur de ses cheveux était notre seul point commun. Elle les portait très très courts et sa note de coiffeur devait correspondre au quart de mon ancien salaire. Beaucoup plus grande que moi, elle avoisinait le mètre quatre-vingt et était aussi beaucoup plus appétissante que moi. Vêtue d’une splendide et ultra sexy robe corset en fin cuir noir, elle était perchée sur les talons d’au moins douze centimètres de ses splendides cuissardes lacées sur le devant et sur toute leur longueur. Visiblement, les affaires marchaient bien pour elle, quelle qu’ait été sa profession, et sa tenue avait au moins le mérite d’annoncer la couleur.
Je me surpris à m’imaginer dans une telle tenue puis eus une grimace dépitée devant le résultat que me fournit mon cerveau. Grotesque !
Je ressentis également une pointe de jalousie vis-à-vis de cette femme auprès de laquelle je me trouvai totalement insipide. Intimidée également.
– L’employée qui te manquait, lâcha laconiquement le blond.
– Parfait. Et comment s’appelle-t-elle ? lui demanda-t-elle avec un demi-sourire en levant un sourcil soigneusement épilé.
Elle semblait très bien connaître les deux énergumènes, autrement que charnellement j’entends, et savait pertinemment qu’ils n’en avaient aucune idée.
Le blond se tourna d’ailleurs vers moi.
– Sláine, répondis-je en souriant à la femme.
– Enchantée, moi c’est Léa, je suis la gérante de ce bar. Je suppose que vous n’avez pas la moindre idée du nom de ces messieurs ni de ce que je vais vous demander de faire ici ? me demanda-t-elle de manière presque complice.
– Exact, répondis-je laconiquement.
Je priai avec ferveur pour que mon emploi se limite à servir des consommations au bar, ou en salle, au pire.
Comme si Léa connaissait à l’avance ma réaction à ce qu’elle allait devoir m’annoncer, elle s’empara de mes deux mains qu’elle garda fermement dans les siennes. Pour m’empêcher de prendre mes jambes à mon cou ?
– Siatris et Sio sont les propriétaires de cet établissement.
Un voile noir passa devant mes yeux, je déglutis avec peine et me contraignis à ne surtout pas la quitter des yeux. Ces deux démons étaient précisément ceux que je m’étais juré de ne jamais approcher. Le regard de Léa se fit rieur.
– Siatris, c’est le blond, chuchota-t-elle en se rapprochant de moi, comme si cette indication pouvait être à même de me rassurer.
Je hochai imperceptiblement la tête. Ces deux pervers allaient devenir mes boss… c’était bien ma veine !
– Ne prenez pas mal ce que je vais vous demander maintenant, me dit-elle ensuite. Êtes-vous vierge ?
– Scorpion, répondis-je du tac au tac ce qui la fit éclater de rire et m’adresser un clin d’œil.
– Un petit ami ?
– Aucun. Ni homme ni femme, précisai-je avant qu’elle ne me le demande.
– Vraiment ? s’étonna-t-elle. Pas même un amant ou…
– Non.
Elle n’insista pas, mais je voyais bien qu’elle commençait à se poser des questions me concernant, à se demander si je n’étais pas affligée d’une tare quelconque ou même complètement frigide. Je n’avais pour l’heure aucune intention de lui parler de ma vie sexuelle, qui soit dit en passant était tout ce qu’il y a de plus normale et satisfaisante.
– Des convictions religieuses ?
– Non plus.
– Aucune expérience traumatisante, surnaturelle, spirituelle ? Possession, ou appartenance à un groupe ?
Je cillai et ne répondis pas ce qui eut l’air de la troubler autant que d’interpeller les deux démons qui se rapprochèrent de nous.
– Léa vous a posé une question, intervint le dénommé Siatris en me fixant de son regard réfrigérant.
– Non, dis-je avec une conviction propre à m’en persuader moi-même.
Siatris intensifia son regard comme pour s’insinuer dans ma tête et plissa les yeux.
– Vous mentez ! s’exclama-t-il alors.
– Je… Je ferais mieux de partir, bredouillai-je en me détournant pour m’en aller de cet endroit où je n’avais rien à faire et surtout où je n’avais aucune envie de me trouver.
J’en fus empêchée par Sio qui me bloqua l’accès à la porte. Je n’osai lever les yeux sur lui et gardai les yeux obstinément baissés. Léa se rapprocha de moi et me prit par les épaules pour m’obliger à la regarder.
– N’ayez pas peur, ils ne vous feront rien.
Ben voyons.
– Mais c’est le règlement, vous devez me le dire.
– Tout de suite ? demandai-je d’une voix qui se cassa au milieu de ma phrase.
– Je suppose que ça peut attendre un peu, m’informa-t-elle en demandant confirmation d’un coup d’œil à Sio.
Elle dut la recevoir puisqu’elle poursuivit :
– Dans un premier temps, vous servirez au bar.
Je m’entendis soupirer de soulagement, ce qui la fit sourire.
– Nous ne sommes pas une maison close, m’informa-t-elle alors, ressentant visiblement le besoin de se justifier ou de me remettre à ma place. Nous n’avons pas d’employés… heu… de ce genre. Nos clients payent leurs consommations ainsi que les salles dont ils souhaitent disposer, au sous-sol.
Je hochai à nouveau la tête. Elle enchaîna.
– Ils, ou elles, viennent déjà accompagnés ou trouvent leurs partenaires parmi les clients déjà présents. La règle étant que tous les humains, sans exception, sont consentants. Le tri est fait à l’entrée. Vous n’aurez donc pas à vous occuper de quoi que ce soit d’autre que du bar.
Un peu rassurée par ses propos, je me sentis me détendre.
– Vous disposerez de votre appartement, ici, dans les étages.
Là je me raidis à nouveau. Je n’avais aucune intention de séjourner dans cet antre de la luxure en permanence.
– Mais…
– Nous serons ouverts presque vingt-quatre heures sur vingt-quatre et sept jours sur sept. L’inauguration a lieu ce soir, à vingt et une heures. Vous commencerez demain soir. Sommes-nous d’accord ?
J’avais envie de prendre mes jambes à mon cou et de partir de là. Pourtant, je m’entendis accepter. Je ne sais vraiment pas pourquoi je répondis cela, mais je n’étais pas loin de soupçonner quelque manipulation mentale.
– Parfait ! s’exclama Léa visiblement contente de ma réponse. Je vais faire rapporter toutes vos affaires pendant que Sio s’occupe de vous.
Tout mon sang reflua de mon visage.
– Enfin, je veux dire pendant que vous discutez avec lui, rectifia-t-elle avec un sourire qui se voulait rassurant.
Je subodorais que c’était surtout moi qui allais parler étant donné que le dénommé Sio semblait particulièrement avare de ce côté là.
Je regardais Léa, à qui j’avais confié les clés de mon appartement après lui avoir indiqué où il se trouvait, s’éloigner avec Siatris, désespérée qu’elle me laisse seule avec le démon.
– Suivez-moi, ordonna ce dernier en passant à côté de moi.
Je le remerciais mentalement de ne pas me toucher. Comment savoir comment j’aurais réagi alors ?
Je le suivis de près, n’y voyant pas grand-chose et n’ayant aucune envie de me perdre dans l’établissement. Il se dirigea vers la porte d’un monte-charge situé juste à gauche de la porte d’entrée qui se ferma automatiquement dès que nous nous fûmes éloignés.
Si j’avais su à quoi m’attendre des appartements de Sio, je n’aurais pas prié pour que le temps passé avec lui dans le monte-charge soit le plus court possible. Après l’avoir suivi dans le long couloir, dont le sol était recouvert d’une épaisse moquette, chichement éclairé par quelques veilleuses encastrées dans les murs peints en rouge foncé, il ouvrit une porte tout au bout du corridor et entra le premier. Apparemment la galanterie n’était pas un trait de caractère prédominant chez les démons. Il ne s’était pas préoccupé une seule fois de vérifier si je le suivais. Je crois qu’il le savait. Comment ? Moi je n’en avais aucune idée. Je restai sur le pas de la porte, car la pièce était dans l’obscurité totale et quelque chose me disait que je ne devais surtout pas y entrer. J’en eus la confirmation dès que Sio alluma une lampe qui dispensa une faible lumière rouge. J’eus un haut-le-cœur en découvrant l’antre où il espérait que je pénètre. Je crois même que je fis un pas en arrière.
Moi qui aimais le noir, j’étais servie et aurais dû apprécier, mais ce n’était pas le cas. Je me sentis oppressée. L’appartement, gigantesque était intégralement peint en noir, le sol recouvert de moquette noire, les meubles noirs. Enfin les meubles… Il s’agissait surtout d’un lit démesuré, avec colonnes, qui trônait au beau milieu de la pièce et de tout un attirail de psychopathe, soigneusement rangé sur des râteliers et étagères, exposés aux murs ou disposés telles des œuvres d’art dans la pièce. Sio était incontestablement adepte de jeux SM, ce qui ne m’amusait pas du tout ! D’autant que je soupçonnais que le démon qui me fixait désormais d’un air railleur n’avait sans doute jamais expérimenté ce qu’il infligeait aux malheureux qu’il soumettait. Ce en quoi je me trompais, mais je ne le savais pas encore. Une fois de plus, je croisai nerveusement mes bras contre ma poitrine pour me protéger comme si les fouets et autres instruments de torture avaient été capables de se mouvoir tous seuls pour m’attacher, me frapper, me blesser.
– Asseyez-vous, ordonna la voix grave de Sio.
– Où ? demandai-je un peu agressivement.
Il ne me répondit pas et ôta son manteau qu’il jeta sur le lit avant de disparaître derrière. J’avais retenu, de justesse, une exclamation en voyant la perfection de son corps moulé dans ses vêtements. Ce que j’avais aperçu dans la rue se confirmait. Il était divin, si j’ose dire. Je repris mon expression désagréable lorsqu’il réapparut avec deux chaises qu’il plaça près du lit. Sans me laisser distraire – enfin si un peu quand même – par ses biceps qui dépassaient des manches de son t-shirt, ni par le contraste de sa peau blanche, qui avait l’air incroyablement douce, avec le tissu sombre, je m’assis lentement, avec précaution, des fois que la chaise m’attaque par surprise.
Sio s’installa en face de moi et me regarda.
– Je ne vous toucherai pas, m’annonça-t-il.
Pourquoi me sentais-je aussi déçue ?
– Pas sans votre consentement en tout cas, rajouta-t-il avec un sourire ironique.
Je le fusillai du regard. Il redevint très sérieux et me demanda de lui raconter ce que je n’avais pas voulu dévoiler à Léa un peu plus tôt.
Il m’écouta attentivement, sans m’interrompre une seule fois. Aucune réaction ne troubla la fixité de son visage. Une fois que je me fus tue, il ne me posa aucune question, mais prit doucement mes mains dans les siennes.
Je fus secouée d’un violent frisson qui ne devait rien à la peur. Ses mains étaient terriblement douces et chaudes. Les miennes étaient glacées. Mon cœur bondit lorsque son regard sombre se planta dans le mien aussi sûrement qu’une dague. Une lueur rougeâtre passa dans ses iris qui semblaient dénués de pupille tant ils étaient d’un noir profond.
Je sursautai brusquement lorsque sa voix résonna à nouveau.
– Nous avons un problème, mademoiselle Sláine.
– Un problème ? répétai-je, désorientée par ce qui venait de se passer.
Je devais avoir eu une absence. Ou avoir été victime d’une nouvelle manipulation, pensai-je rageusement, car je n’avais aucun souvenir de ce qu’il s’était produit depuis qu’il avait pris mes mains dans les siennes. Il s’était nécessairement passé quelque chose puisque désormais Sio était debout, en appui sur le dossier de sa chaise alors que je ne l’avais pas vu bouger. Il me regarda d’un air étrange puis hocha la tête.
– Levez-vous et dites-moi si vous voyez quoi que ce soit d’anormal dans cette pièce, ordonna-t-il.
– En dehors de vous et de vos jouets ? lâchai-je imprudemment eu égard à la nature de mon interlocuteur.
J’eus droit à un regard d’avertissement puis à un nouvel acquiescement silencieux. Je me levai donc et observai la pièce en m’y déplaçant, lentement, profitant de la visite pour jeter un œil sur tous les objets qui la décoraient. En toute honnêteté, ce matériel effrayant recelait une beauté que je n’aurais jamais soupçonnée. J’avais envie de les toucher, de savoir quel effet caresser tous ces instruments destinés à faire mal, me procurerait. Était-ce dû à ma prédilection pour le noir ou s’agissait-il de toute autre chose ? Bien sûr que non, c’était juste parce qu’ils étaient de ma couleur favorite !!!
Je restais un moment à regarder, fascinée, un fouet tressé enroulé sur lui même et fixé au mur. On aurait dit un serpent noir lové et attendant que l’on ait besoin de lui. Je me repris en prenant soin de ne pas regarder Sio dont je sentais le regard acéré sur moi et fis lentement le tour du loft, avant de me stopper net devant l’un des murs, celui situé derrière la tête de lit. La surface semblait déformée, floue et molle. Ça… bougeait. Non, ça vibrait en réalité. Spontanément, je tentai de toucher cette anomalie et fus extrêmement surprise de voir mon doigt s’y enfoncer comme dans de la gelée. Sio que je n’avais pas vu se rapprocher m’attrapa vivement par le poignet et éloigna ma main du mur. Je laissai échapper un cri de surprise.
– C’est ça que vous vouliez que je trouve ? lui demandai-je hargneusement en tournant mon visage vers lui.
Il ne répondit pas.
– C’est un passage, c’est ça ? Une port…
– Que vous n’êtes pas censée voir ! m’informa-t-il d’un air sombre. Ce qui me confirme que vous n’êtes pas seule.
– Comment ça pas seule ? Je ne comprends pas.
– Dans votre corps.
C’était la meilleure ! Était-il en train de me dire que j’étais possédée ? Impossible ! Je l’aurais su, m’en serais rendu compte ! Et j’aurais fait des trucs bizarres, des choses insensées qui ne me ressemblaient pas ou que sais-je encore.
– Arrêtez de vous foutre de moi, hurlai-je en le foudroyant du regard. J’en ai assez de vos conneries, je m’en vais.
Encore une fois, il m’empêcha de m’échapper, me rattrapant au vol par le bras. Je criai de douleur tant sa poigne était prodigieuse et douloureuse. Les doigts de son autre main se refermèrent durement sur mon menton pour m’obliger à le regarder. Il riva son regard au mien pour le sonder à nouveau.
– C’est curieux, il est comme endormi, murmura-t-il pensivement au bout d’un moment.
– Mais qui ?
– Votre ange gardien.
– Mon ange…
Je fus prise d’un fou rire, nerveux probablement.
Il me lâcha aussi brusquement qu’il m’avait attrapée et me regarda, impassible, me tordre de rire, pliée en deux et ayant du mal à reprendre ma respiration.
– Ça y est vous avez terminé ? me demanda-t-il, exaspéré, lorsque je pus enfin me ressaisir. Je suis extrêmement sérieux. Et si j’étais vous, je ne rirais pas, vous êtes dans une situation peu enviable.
Je redevins instantanément très sérieuse.
– Vous me menacez maintenant ?
– En aucune façon. Mais vous ne pouvez pas le garder dans votre corps. Vous n’en avez pas le droit et cela peut être dangereux.
– Pour moi ?
– Pour vous et pour elle !
– Elle ?
Je ne fus pas en mesure de continuer. Je devenais complètement cinglée. Je discutais avec un démon, terriblement sexy et attirant certes, ce qui allait à l’encontre de mes principes, celui-ci était en train de me dire, très sérieusement, que j’étais possédée par une entité et que je risquai d’avoir à affronter… quoi d’ailleurs ?
Je tentai de respirer profondément et de rejeter ce qu’il venait de me dire. Il le fallait si je voulais rester saine d’esprit. Pourtant, je fis comme si je croyais à ce qu’il me disait.
– Et que risquons-nous ? Pourquoi personne ne s’en est-il aperçu avant ? Et comment est-elle entrée ?
– J’imagine que cela s’est produit lors de votre accident. Seul l’un d’entre nous pouvait s’en rendre compte.
– Je le savais. Je savais que je devais éviter les démons, maugréai-je pour moi-même.
Je le dévisageai pour une fois encore vérifier que je n’étais pas victime d’une très mauvaise plaisanterie. Mais Sio avait l’air extrêmement sérieux.
– Mais qui est-ce ? Vous la… heu… connaissez ?
Il éluda une fois de plus mes questions.
– Si elle reste en vous, elle risque de disparaître, de s’éteindre. Si nous l’extirpons de force, vous n’y survivrez pas.
– Génial, répondis-je au bord des larmes ce qui n’eut pas l’air de l’émouvoir le moins du monde. Donc c’est elle ou moi ?
– Oui.
– Et vous avez décidé que ce serait elle ?
– Oui, bien sûr.
Il avait dit cela comme si ça tombait sous le sens ou comme si moi-même n’aurais pas pu songer qu’il pouvait en aller autrement.
– Allez vous faire foutre ! hurlai-je en me précipitant vers la sortie.
Quelle naïve je faisais ! Il me rattrapa sans problème, referma ses bras autour des miens et me souleva de terre. Je gesticulais comme un beau diable, lui assénant quelques coups dans les jambes, sans le moindre résultat. Il ne bougea pas d’un pouce, mais resserra sa prise sur moi au point que j’eus du mal à respirer. Je me calmai un peu, l’étreinte se desserra.
Me reposant au sol, il murmura juste dans mon oreille :
– Cessez de vouloir vous échapper. Je vais devoir m’absenter un moment. Vous vous calmez et vous restez ici bien sagement.
Je hochai lentement la tête. Je ne dus pas être très convaincante, car il rajouta :
– Si vous désobéissez, je devrais sévir, consentante ou pas.
Un frisson de peur dévala ma colonne vertébrale. Je fus à peu près sûre qu’il souriait. Je me retournai lentement pour lui faire face lorsqu’il me libéra de son étreinte.
– Si… si je me tiens tranquille, vous répondrez à toutes mes questions avant de… l’extraire ?
Sio me regarda d’une façon que je fus bien en peine d’interpréter avant d’acquiescer silencieusement. Puis son regard se fit soupçonneux. Il m’abandonna un instant pour se diriger vers son lit et récupérer quelque chose dans l’une des poches de son manteau. Je sentis mes yeux s’écarquiller lorsque je compris ce qu’il avait l’intention de faire.
– Non, non, non ce n’est vraiment pas la peine d’en arriver là, protestai-je, pour tenter de le ramener à la raison.
– Si. Je ne vous fais pas confiance.
Moi non plus, si vous voulez tout savoir.
– Demandez à votre copain de me surveiller alors, le suppliai-je presque.
– Vous ne l’entendez peut-être pas, mais il est très occupé pour l’instant.
Je me sentis rougir lorsque je saisis ce qu’il était en train de me faire comprendre.
– Oh…
D’un geste vif que je ne vis même pas, sa main se posa sur mon poignet et presque en même temps la première menotte se referma dessus.
– Aïe !
Ce n’était pas des menottes pour jouer, avec de la fourrure toute douce, mais des vraies, celles que la police utilisait. Et il l’avait serrée si fort et si brusquement que ma peau éraflée saignait. Sio me contraignit à le suivre bien gentiment jusqu’à son lit auquel il attacha la seconde menotte après m’avoir ordonné de m’y asseoir.
Je ne sais pas s’il s’adressa à moi ou à celui... celle qui se cachait dans mon corps, mais son regard et son visage s’étaient singulièrement adoucis lorsqu’il me parla. À moins que ce soit le fait de me – nous – voir attachée qui l’attendrissait…
– Je reviens tout de suite.


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Re: Luxuria, Tome 1

Message par Lila le Mar 16 Aoû 2011 - 18:38

Merci. Cool

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Re: Luxuria, Tome 1

Message par Invité le Mar 16 Aoû 2011 - 19:14

Je t'en prie Very Happy

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Re: Luxuria, Tome 1

Message par Luna05 le Mer 31 Aoû 2011 - 18:40

Merci Daléa Very Happy
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Re: Luxuria, Tome 1

Message par Candide le Jeu 8 Sep 2011 - 19:41

C'est vraiment génial que tu sois sur Amazon Wink

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Re: Luxuria, Tome 1

Message par Invité le Ven 9 Sep 2011 - 4:04

bisous Merci.
Mais ça ferait presque flipper dis-donc. ça fait tout bizarre.
bon ben maintenant, y'a plus qu'à ...

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Re: Luxuria, Tome 1

Message par Kayla le Ven 9 Sep 2011 - 4:43

je suis allée voir mais il est en indisponible....et c'est la même chose pour "rayon de lune" ça n'aide pas les auteurs ... ils font expédier directement de chez l'éditeur ? comment cela se passe t-il? tu sais ?
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Re: Luxuria, Tome 1

Message par Invité le Ven 9 Sep 2011 - 4:59

Les deux romans sont disponibles sur ces pages :
(cliquer sur le second choix)

là : http://www.amazon.fr/gp/offer-listing/291708975X/ref=sr_1_2_olp?ie=UTF8&qid=1315543855&sr=8-2&condition=new

et pour Rayon de Lune, là : http://www.amazon.fr/gp/offer-listing/2917089628/ref=sr_1_1_olp?ie=UTF8&qid=1315543981&sr=8-1&condition=new
(en plus pour celui-ci, une lectrice a laissé un commentaire Wink )
Après, je crois, mais je peux me tromper, que c'est expédié soit de l'imprimeur qui fait de l'impression numérique "à la demande" , soit de chez l'éditeur qui en a en stock.

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Re: Luxuria, Tome 1

Message par Invité le Ven 9 Sep 2011 - 12:27

Désolée pour le double post, mais celui-ci n'a rien à voir avec le précédent.

Une chose m'intrigue. Et je suis très curieuse.

Sur la plupart des avis que j'ai pu avoir sur le tome 1 de Luxuria, j'ai noté que les lectrices insistent sur la relation Slàine / Sio mais :

- occultent systématiquement l'aspect SM (même s'il reste soft) de leur couple,

- escamotent les rapports que Slàine entretient avec Voan - un autre démon mâle du roman et qui est bisexuel, je précise.

Est-ce si "choquant" que ça ? ouais!


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Re: Luxuria, Tome 1

Message par pallas athéna le Sam 10 Sep 2011 - 11:40

Allez-y les filles, plongez!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Une fois de plus Frédérique De Keyser ( Rayon de lune) nous démontre l'étendue de son talent!
C'est avec délectation qu'on se laisse entraîner dans cet univers hors-normes et singulier ( par rapport à la Bit-lit "traditionnelle") où se mêlent "ésotérisme", "erotisme", mystère, humour et ...suspens ( j'attends avec grande impatience le tome 2 bave 5 ).
L'intrigue est brillante et savamment menée, les personnages "inhabituels" sont remarquables ( je passe outre le fait qu'en plus les "mâles" y sont de véritables fantasmes ambulants I love you ).
Le tout est majestueusement écrit, les scènes dites "SM" sont magnifiquement décrites ....emplies d'une poésie qui saura faire frémir tous vos sens chaud )
Que dire de plus...j'ai adoré et attendre le tome 2 pour connaître le dénouement de cette histoire est un supplice!!!!!!!!!!!!!

@Daléa pour répondre à ton autre question, j'ai autant aimé Voan que Sio et sa bisexualité ne m'a pas dérangé , je dirai même au contraire...elle confère à ce personnage une autre "dimension" et une "aura" totalement inédite dans l'univers de la Bit-lit Wink
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Re: Luxuria, Tome 1

Message par Invité le Sam 10 Sep 2011 - 11:58

Merci beaucoup Pallas Athéna ...

Tu me rassures Very Happy

Les scènes SM, je les voulais dénuées de toute vulgarité ou violence gratuite aussi "étrange" que cela puisse paraitre (ce qui arrive la plupart du temps dans ces cas là d'après ce que j'ai déjà pu lire) et insister sur l'aspect esthétique.
Pour Voan ... pari gagné alors !! Je suis contente.
Rhooo je l' I love you


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Re: Luxuria, Tome 1

Message par Invité le Dim 11 Sep 2011 - 9:30


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Re: Luxuria, Tome 1

Message par Christy le Mar 3 Jan 2012 - 16:49

Mon avis ajouté au premier post. Chouette découverte :)
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Re: Luxuria, Tome 1

Message par Biscotte le Lun 9 Jan 2012 - 16:12

Ajout du lien vers l'extrait disponible sur le site éditeur.
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Re: Luxuria, Tome 1

Message par Invité le Ven 25 Mai 2012 - 21:03

Un Avis Amazon qui m'a sincèrement émue timide

Tout d'abord je dois dire que j'ai été carrément séduite par le style de l'auteure. C'est simple, fluide, franc, teinté d'humour, on se laisse aisément porté par les mots, mais aussi par l'histoire. Nous avons un monde de démons qui sortent de l'ordinaire, capables de sensations et sentiments plus aigues que ceux des humains auxquels ils se melent aisément. les humains les reconnaisent aux tatouages qu'ils portent au cou, déterminant leur caste. J'ai dévoré ce roman, qui pourtant a heurté ma sensibilité, mon côté fleur bleue en a pris un coup mais en ressort grandi.

Contrairement à ce que le titre peut nous laisser supposer, Luxuria n'est pas une histoire de sexe ou de dépravation et encore moins une initiation à une certaine forme de déviance sexuelle, je l'ai ressenti comme un hymne à l'amour et à la tolérance, pour celui qui veut bien ouvrir son esprit à une forme de philosophie ou d'ésotérisme, amenée d'une manière très subtile, preuve de l'intelligence et du talent de l'auteur. Aucune complexité dans ce qui est énoncé, tout est expliqué de manière très nette, claire, douce mais sans détour, sans forcer celui qui n'entend rien à ce genre de spiritualité.

Si l'on passe à côté du mysticisme qui personnellemlent m'a happée, nous avons l'histoire de Slaine une humaine pleine de fougue au caractère bien trempé, qui, dans sa jeunesse a ouvert une faille dans le principe des fondements de l'univers, lors d'une séance de spiritisme qui a mal tournée. Elle pensait s'en être mieux sortie que ses camarades, et apprend qu'il n'en est rien, puisqu'elle abrite Téli, une forme d'esprit en sommeil qu'elle doit libérer de son essence. Elle est employée par Siatris et Sio, deux splendides démons propriétaires du "Luxuria", une boite qui offre toutes sortes de plaisirs. Epaulés par Voan, autre démon très charismatique, ils vont la guider sur la voie de l'épanouissement spirituel, qui poussé au paroxysme, passe aussi par le plaisir de la chair.

S'ensuit une relation amoureuse très complexe avec Sio, adepte de toute forme de plaisirs même mêlés à la douleur qui l'entraine dans le monde de la SM, vers tout ce qu'elle comporte de beauté dans le don de soi. Grace à lui nous comprenons les motivations de ceux qui la pratiquent sans jamais tomber dans la vulgarité, et Slaine a bien du mal à franchir le cap de ses convictions. Sans doute que ses sentiments alors si exacerbés par tout ce qu'elle vit subitement la poussent à se tourner vers Voan, plus doux, tendre et rassurant, mais néanmoins imparfait, puisque son ouverture d'esprit tend aussi à avoir une conception sexuelle différentes de la jeune femme!

Ce tome est celui de l'initiation spirituelle que va subir Slaine, tant pour empecher que les forces de l'Univers passent par la porte qu'elle a ouverte et n'amène le chaos dans ce monde, la découverte d'une sexualité liée à des sentiments complexes envers deux démons beaux comme le péché, et qui s'achève sur un cliffhanger qui nous pousse à nous précipiter vers la suite, en espérant que Slaine trouve sa voie, murisse et ressorte grandie de toutes ces expériences troublantes.

http://www.amazon.fr/product-reviews/B005PQUW2K/ref=cm_cr_pr_hist_4?ie=UTF8&showViewpoints=0&filterBy=addFourStar


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Re: Luxuria, Tome 1

Message par Lila le Dim 27 Mai 2012 - 10:10

Joli en effet. Encore dans ma PAL, je pense l'attaquer bientôt.

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Re: Luxuria, Tome 1

Message par Lila le Sam 29 Sep 2012 - 12:29

Ajout de mon avis en premier post !

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Re: Luxuria, Tome 1

Message par Cassiopée le Ven 28 Déc 2012 - 13:57

Encore une auteur que je voulais découvrir. A l'origine, je voulais commencer par Siana, Vampire Alchimique, mais ayant lu une chronique sur Luxuria, je me suis laissée tenter.

On retrouve Sláine qui vient de démissionner de son job dans une librairie. Quoi ? Démissionner d'une librairie ? Quelle idée ! Enfin bon, son patron est un gros pervers, qui l'insulte quand elle refuse de céder à ses avances, tout s'explique... À la recherche d'un nouvel emploi, elle croise deux démons splendides, qui l'"encouragent fortement" à les suivre pour lui proposer un job de serveuse dans un bar. Tiraillée entre sa volonté de ne rien avoir à faire avec les démons et leurs intimidations pour qu'elle les suive, elle finit par leur emboîter le pas. De toute façon a-t-elle le choix ? Ce sont des démons après tout.
Ainsi, elle va entrer dans un monde qui est loin de ce qu'elle pouvait s'imaginer. De plus, elle va aussi en apprendre énormément sur elle et va se retrouver impliquer dans un dessein qui la dépasse et de loin !

C'est un livre que j'ai dévoré en une journée. L'histoire est très prenante et très bien écrite. Tout est fluide et s'enchaîne à merveille.
Les démons vivent dorénavant avec les humains. Il y a plusieurs groupes de démons, chacun ayant un rôle bien à lui et étant reconnaissable grâce à un tatouage dans le cou.
Les démons ne correspondent pas vraiment à leur dénomination et on va en apprendre beaucoup sur eux et sur ce qu'ils ressentent et veulent au fil des pages. Par contre, comme on peut s'en douter, ils sont d'une beauté à couper le souffle et peuvent même changer d'apparence pour coller au mieux aux désirs de leur "proie".
J'ai énormément aimé l'univers décrit par l'auteur : incroyable et vraiment bien pensé. Elle nous entraîne dans un monde qui est bien plus vaste qu'il n'y paraît. Les démons vont apprendre à Sláine ce qu'il en retourne réellement, et de par son apprentissage, nous allons découvrir ses règles de cet univers, ses démons, ses dangers etc. Le tout est extrêmement bien décrit et on ne s'y perd pas. J'ai été conquise par ce monde sur lequel j'aimerais en apprendre encore plus ! Pour moi c'est le gros point positif du livre !

Sláine va donc côtoyer 3 démons : Sio, Siatris et Voan. Tous plus beaux les uns que les autres. Miam ! Leurs relations vont être tumultueuses c'est le moins que l'on puisse dire !
Sláine est une jeune fille qui semble avoir confiance en elle, mais qui au final est bien vulnérable et se cache sous une grosse carapace pour se protéger des autres et éviter de souffrir. Son idée est que si on ne s'implique pas émotionnellement dans une relation, on ne s'attache pas et donc on ne souffrira pas. Au début j'avais du mal à l'apprécier, car dès l'instant où on la laissait seule, elle commençait à se faire des films sur le pourquoi du comment. Et on peut le dire : elle psychotait à fond. Mais au fur et à mesure de la lecture, elle va en apprendre beaucoup sur elle, va faire face et devenir plus forte, s'assumer. Et sur la fin j'aimais beaucoup son personnage !
À l'inverse, pour Sio au début il me donnait l'impression d'être un bel homme ténébreux, un mâle comme on les aime. Bref, un vrai régal. Et plus j'avançais dans la lecture plus je l'abhorrai. Il devenait faible, plus soumis qu'autre chose et ne savait pas au final ce qu'il voulait. À la fin, il avait perdu tout ce qui me plaisait chez lui.
C'est un rapport inversement proportionnel entre ces deux personnages qui s'est produit. Plus j'aimais l'un, moins j'aimais l'autre.
Ensuite on a Voan. Ah Voan ! *_* Alors, lui il a été vite mon "petit" chouchou (enfin sauf peut être pour la fin). Le plus posé des trois. On sent qu'il est fort attaché à Sláine. Mais jusqu'à quel point, on se le demande. Par contre, je n'ai rien pigé aux dernières pages le concernant. Est-ce-qu'il s'est bien passé ce que je crois qu'il s'est passé ?
Et enfin Siatris, le plus mystérieux. Au début on en sait très peu sur lui, mais sur la fin, vu que les rapports entre Slaine et les deux premiers démons se font très tumultueux, on le découvre et on l'apprécie.
Il y a aussi des humains dans ce monde : Terry ! J'ai beaucoup aimé Terry, il est trop bien ! Un ami comme on aimerait avoir. Il va vite créer une belle relation d'amitié avec Sláine. C'est un personnage avec lequel on sait où on va et ça fait du bien avec tous ces démons qui sont compliqués à souhait !
Il y a aussi Adam, l'autre petite touche de fraîcheur. Je vous laisse le découvrir, mais il est appréciable. Et je sens qu'il aura un rôle non négligeable dans la suite Wink
Et enfin Téli ! On le/la voit peut. Mais j'aime beaucoup son personnage. Mais pareil, je n'en dirais pas plus pour vous laisser le plaisir de le/la découvrir.

Bon, par contre il y a juste un petit point qui m'a pertroublée comme je dirais. Je n'ai pas toujours compris les réactions des protagonistes dans leurs relations de couple. Des fois, voire même la plupart du temps, j'étais complètement larguée. "Ah bon, il a voulu dire ça ?? O_____O", "Mais pourquoi il réagit ainsi ? Je ne pige pas ! Snif...", "Mais c'est quoi ça ??". Bref, autant l'histoire, le monde et tout ce que cela implique, j'ai intégré. Autant les relations de couples, je n'ai RIEN pigé. Et le pire, c'est qu'il m'a fallu plusieurs jours pour m'en remettre, car je n'aime pas ne pas comprendre. Et j'essayais, vraiment ! Mais non... Alors si certain l'ont lu et veulent bien me dire si tout a été limpide pour eux. S'ils peuvent m'expliquer certaines réactions, je leur en serais reconnaissante ! En tout cas, vivent les relations de couple tordues à souhait !

Donc en somme un livre que j'ai apprécié. Avec un beau potentiel, mais qui me laisse un arrière-goût amer à cause des relations de couple un peu trop tarabiscotées.
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Re: Luxuria, Tome 1

Message par Courtisane le Ven 26 Avr 2013 - 11:51

Voilà une auteure très intéressante qui nous plonge dans un univers "démoniaque" et à fleur de peau... Tant d'émotions quelles soient positives (plaisir charnel, amour, béatitude...) ou négatives (trahison, souffrance...) est un vrai supplice pour la lectrice empathique que je suis... Autant dire que j'ai adoré cet univers et ses personnages à la psychologie changeante.

Ce drame à 3 (Slàine, Voan et Sio) est un régal.
Il y a du suspense, de l'action, une alternance de moments tendres et de moments de désespoir... un peu comme dans un drame shakespearien...

Comme dans toutes les tragédies, les personnages secondaires (Siatris, Téli, Terry, Léa...) ont toute leur importance. Chacun apporte sa touche dans la continuité de l'intrigue avec en trame de fond le destin de la Terre.

les "méchants" sont vraiment méchants, pas de demi teinte... mais les "gentils" ne sont pas si gentils que ça... C'est toute en ambiguïté...

Ce tome est un petit chef d’œuvre, qui ne se lâche pas si facilement. La nouvelle édition (qui a réuni les 2 premiers tomes de l'ancienne) permet de mieux appréhender l'histoire dans sa globalité et de mieux vivre toute l'intensité du drame qui se joue jusqu'au "khaos" du tome suivant.

Cool j'ai vraiment envie de lire d'autre histoire de cette auteure, mais surtout de finir celle-ci avec la lecture du tome 3...
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Re: Luxuria, Tome 1

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