Le maître du haut château

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Le maître du haut château

Message par Phooka le Jeu 9 Sep 2010 - 13:12


Le maître du Haut Château
De Philip K. Dick
Editions J'ai Lu

Sortie le 25 avril 2001
317 pages / 6€



Éditions J'ai Lu / Collection Nouveaux Millénaires

Sortie le 15 février 2012
374 pages / 18€

Quatrième de couverture

En 1947 avait eu lieu la capitulation des alliés devant les forces de l'axe. Cependant que Hitler avait imposé la tyrannie nazie â l'est des Etats-Unis, l'ouest avait été attribué aux japonais.

Quelques années plus tard la vie avait repris 50n cours normal dans la zone occupée par les nippons. Ils avaient apporté avec eux l'usage du Yi-King, le livre des transformations du célèbre oracle chinoisa dont l'origine se perd dans la nuit des temps. Pourtant, dans cette nouvelle civilisation une rumeur étrange vint â circuler. Un homme vivant dans un haut château, un écrivain de science-fiction, aurait écrit un ouvrage racontant la victoire des alliés en 1945...

L'avis d'Heclea :

Philip K. Dick fait partie des poids-lourds de la Science-Fiction, de ceux qui peuvent être cités aussi bien par leurs plus grands fans que par ceux qui n’arrivent pas à accrocher. Que l’on aime ou pas, difficile de ne pas reconnaître à ce monsieur une imagination et une plume particulières.

Le Maître du Haut-Château est exactement le genre de livre que l’on adore ou que l’on déteste. En effet, il est difficile de rester indifférent à cette histoire qui peut paraître décousue ou spéciale d’un côté, mais aussi passionnante et addictive de l’autre.

L’idée de départ, ce monde où l’Allemagne et le Japon auraient gagné la seconde Guerre Mondiale est décrit avec une précision et des exemples qui pourraient faire douter de l’Histoire. Difficile dans un tel cas de ne pas réellement imaginer les conséquences d’un tel évènement et surtout de ne pas se prendre à l’aventure que nous offre l’auteur.

Les caractères, croyances et habitudes des personnages reflètent leurs origines, montrant les différences flagrantes de culture entre américains, japonais ou allemands. Tout cela pose une ambiance à part, parfois gênante, mais parfaitement adaptée au contexte.

Le fil conducteur du Poids de la sauterelle (simple livre dans le livre mais personnage à part entière du roman) offre un contre-point inattendu à l’intrigue de départ, Philip K. Dick y travaillant l’uchronie dans l’uchronie, jusqu’à la révélation finale, inattendue et point d’orgue d’une histoire où chaque détail est pensé avec précision et dans un tout plus global.

Au final, une simple chose à retenir pour passer un bon moment dans cette uchronie particulière : accepter de se laisser porter, d’être embarqué dans plusieurs intrigues imbriquées, sans forcément tout comprendre, sans forcément savoir où l’on va, mais juste pour le plaisir d’un voyage inhabituel dans un univers aux codes différents.

Et pour les fans de la première heure, la nouvelle version éditée chez J’ai Lu offre un supplément intéressant avec l’Avant, mais surtout l’Après Haut-Château, ce dernier étant présenté sous la forme de deux chapitres d’une potentielle suite, réfléchie dix ans plus tard, mais finalement jamais aboutie.

Avis de Phooka:

Un bien complexe roman que ce Maître du haut château et me voilà bien embêtée pour rédiger mon billet!
Je ne sais pas par où commencer..
Peut être tout simplement par une citation du roman, qui me semble être la clé pour sa compréhension.

Etonnant ce pouvoir qu'à la fiction-même la fiction populaire de qualité inférieure- d'évoquer les choses. (page 155 de la version J'ai Lu)

Voilà..
Je crois que là on touche le cœur du roman de Dick.
Car bien sûr, comme toujours avec Dick, ce roman n'est pas à prendre au premier degré. Il faut lire entre les lignes, et voir ce qui se cache au travers des pages.
La base de ce roman est pourtant une Uchronie me direz-vous! Une uchronie dans laquelle le Japon et l'Allemagne ont gagné la seconde guerre mondiale!
Oui, mais..
Si c'est effectivement le point de départ de l'histoire racontée dans ce roman, Dick ne parle pas de ça!
Il parle d'apparence factice, de réalité truquée, de ce qui est faux et de ce qui est vrai. Et selon lui, seule l'écriture peut nous permettre de comprendre notre monde fait d'apparences justement.
On suit les destins de plusieurs personnages ou groupes de personnages, qui n'ont aucun liens entre eux.
Aucun...sauf Childan, seul lien entre tous ces personnages, une sorte d'antiquaire pour les riches (les japonais donc) à qui il "fourgue" des antiquités américaines. Des anciens revolvers par exemple. Jusqu'à ce qu'il réalise que certaines de ses antiquités sont des faux (toujours la même question: comment démêler le faux du vrai et si ces "faux" sont fait par de "vrais" américains, alors ce n'est plus vraiment un faux non? Un vrai casse-tête). Alors Childan, pour ne plus risquer de vendre du faux, va vendre du contemporain américain. Des bijoux fabriqués par de "vrais" américains (les mêmes qui faisaient les faux pistolets, vous suivez toujours?). Il va montrer ces bijoux à ses acheteurs japonais qui vont les trouver sans charme. Mais dans ce monde, les japonais qui après la guerre se sont octroyés les Etats-Unis et leurs idoles, ont perdu leurs racines. Ils utilisent le Yi-King (leur oracle japonais, mais bel et bien un livre chinois à la base non?) pour guider leur vie, l'ont même imposés aux américains et pourtant ils sont à la recherche de spiritualité. A tel point qu'ils vont la trouver dans les bijoux proposés par Childan. De la spiritualité de pacotille donc...réalité ou mensonge...
Et puis le fin du fin, La sauterelle pèse lourd, le roman écrit par "le maître du haut- château" roman uchronique dans lequel le Japon et l'Allemagne ont perdu la guerre. L'uchronie à l'intérieur de l'uchronie... Comment démêler alors ce qui est faux du vrai! Et si tout n'était qu'apparence??

Bon j'arrête là, plus j'écris sur ce roman et plus je réalise des choses. Je réalise surtout que je suis sans doute passée à coté de beaucoup de choses que Dick y a mis! C'est vraiment un écrivain hors pair! Un écrivain qui oblige à réfléchir et à creuser ce qui nous sert de cervelle!

Alors réalité ou apparence?

En tout cas Prix Hugo en 1963 bien mérité!

(Juste un petit aparté: Quand j'avais 20-25 ans, j'ai dévoré une très très grande partie de la production de K. Dick! J'adorais! Ce "creusage" de méninges, c'était vraiment sublime! 20 ans plus tard, autant vous l'avouer j'en ai "bavé des ronds de chapeau"! Very Happy, sincèrement j'ai du m'accrocher. Je dois devenir trop vieille et mes neurones ne suivent plus. Il faut avoir l'esprit drôlement clair et affuté pour apprécier Dick)



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Re: Le maître du haut château

Message par heclea le Mar 24 Juil 2012 - 17:13

Ajout de mon avis dans le 1er post
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